Voilà donc toutes les pages de l'ancien site réunies ici pour plus de cohésion et cohérence. Hésitez pas à me contacter si vous avez des photos / enregistrements / etc... à partager.
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QUESTIONS/REPONSES: Max "Sixpack"

-Comment t’es-tu retrouvé à être actif dans la scène stéphanoise ?
Fraîchement débarqué de l'Allemagne Nazie des années 40 (de Lyon pardon, la faute est plus grave! en plus c'etait en 89), j'use mes lèvres sur les clopes, dans la cour du lycée Nord. Patatra, je tombe sur Bol, fier représentant de la bande à sacraint (Maz, Eddy, Raoul, Razib, tokbomb, sixpack, torpedo, oulianov, j'en passe...). Je cherchais à mal faire, faut reconnaître. Mue par une certaine envie de tout envoyer se faire foutre, et très fort, jouer de la batterie dans un groupe de Hardcore m'as paru être le moyen le plus à ma portée de fiotte agacée. Tout étant à faire à ce moment là, on se retrouve vite à faire tout. La musique que l'on appelait hardcore (qui n'etait en fait que le punk americain) s'est retrouvé être le truc à défendre de notre génération, en opposition à l'école Punk Francaise/Anglaise plus commune par chez nous, mais surtout à nos yeux encore acnéens...vieillissante. De mon coté, la rencontre de Denis et Kiwi Préjudice, m'ouvre les portes de la radio, celle de Franck Violence me familiarise avec l'assemblage de zine (tendance Taylorisme)! Je surf donc sur toutes ses fortes personnalités jusqu'ici évoquées, avec pour ma part une profonde passion pour la musique armée d' une sérieuse envie d'en découdre (découdre, self-découdre...je suis toujours pas sûr) (et bien trop emo de toute façon).

-Premiers méfaits, premières activités ? Et qu’est-ce qui te motivait alors ?
La réponse est au dessus et en dessous

-Tu peux faire un petit historique de ton activisme au cours des années, dans cette scène ?
Comme la plupart d'entre nous, j'ai butiné du coté radio/fanzinat/organisation...m'enfin léger.
Plus notablement, mes faits d'armes sont musikaux (tousse!): Sixpack / Weiji, Spit, Cumshot et quelques autre ricaneries du genre Glasgow 77 (3 repets et un nom qui justifie à lui seul son insertion ici -hé !  c'était Glasgow 76, le groupe ! certifié par Frank "la Star" avant hier !- ndm))
Tout ça entre 89 et 2000... ça date comme dirait Anouar. J'ai parlé de ma Karriére de clown?
Pour les détails, je fait confiance à ton excellente initiative en Blogistan.

-Quels sont tes meilleurs souvenirs de la scène stéphanoises en tant que participant « actif » ? Et en tant que « public » ?
Oth et Lsd à la patoche, la grosse surprise de Worldpets / Sixpack à l'hymalayan (mais y viennent d'où, tous?)

 JUIN 84

-Les pires ?
L'adieu aux copains.
Les prétentions mal placés et les discussions d'argent....alors que bon...j'en ris encore!
Dans beaucoup de cas, la volonté d'immobilisme (tenace...très tenace)
Ma gueule attendant la voiture qui doit venir me chercher pour Berus/Oth/Babylon au Hall
Les concerts nuls du team Sixpack / Weiji sur son propre terrain...trop souvent et surtout à partir des albums.

-Quelles sont pour toi les forces et les faiblesses de la scène locale ?
Forces et faiblesses inévitablement liées. Disons que le coté terroir, « bien planté dans ses baskettes, fait pas l'malin » a plus de bon pour le (la) morale que pour la carrière. Autant un mal qu'un bien. Aucun regrets de mon coté en tout cas....surtout quand on voit ce qui sort en matières de rock des villes Françaises plus propices au développement d'un groupe sur le long terme.
Ceci dit, sur le plan français, le rock manque à mon sens, d'un petit coup de prétention, de...osons! Le coté bien sage bien gentil, bien pensant, vous êtes sur que je dérange pas, rends pas le truc très glamour...j'écoute beaucoup de rap  Français qui nike sa mère et ça n'as pas la même gueule, faut reconnaître.
C'est aussi pour ça qu'on planne tous un peu sur les groupes americains qui assurent le show pour le show, quitte à s'inventer des personnages. On produit du spectacle (qui peut être intelligent d'ailleurs, y a pas contre-ordre) et ça, on est pas très à l'aise avec, dommage!
Disons quand même que si regret il y a, ce serait le fait que Saint Etienne ait plus eu le rayonnement d'un Clermont Ferrand mid 80's que d'un Montpellier de la même époque. Sans cracher dans la soupe et en essayant de résumer l'ensemble de cette question, OTH/SHERRIF/VIERGES ont eu une aura / impact / carrière plus à mon goût que REAL COOL/FOLAMOUR/FABULOUS CADS. Je ne diminue pas la scène Clermontoise, très importante aussi, mais à choisir....

JUIN 2010

-Tes 5 skeuds stéphanois préférés ?
- PERFECT COUSINS 25cm, fait toujours partie de mes diskes de noël... kand le rituel à du bon!
-TOO DRUNK TO DUB cd, excellent, grosse surprise du koté de LLB.
-BOXING HELENA LP, les chœurs de misse Anne So font mouche (sans ironie son sous mixage aussi), Nabilou chante komme un dieu (malgré la tres Burningaisante mélodie). Ils m'ont choppé par les kouilles à une époke ou ce style de jeu me sortait par les trous de nez...vraiment très fort!
-La kompil Sauf et la Bonanza, plus pour le boulot ke les morceaux, m'enfin ça reste un travail d'archives parfait, good job.
J'oserais bien un Lavilliers ou un Babylon, mais je crois ke c'est pas le sujet, donk le 1er EP Tranzo reste sentimentalement quelque chose d'assez fort. Le PerfectPack pour sa photo perfectement pakienne et la liste de remerciements qui répond à pas mal de questions que tu poses au travers de ton travail  blogisant. Le dernier Pocket Bastard est très impressionnant, notre version "poils" de Slimy, c'est quand même autre chose...les radios sont sourdes, comme d'ab’. Il manque encore à mon goût un grand MÖ, même si la demo cd de 1000 Vierges casse les genoux.
C'etait pour les 5 préférés, la suite du classement est longue et tout aussi intéressante, les divers touloneries, roche la misereries, filleries et crusteries, ne manquent pas d'intérêt.

-Tes activités actuelles ?
A la manière d'un Greg Norton du cru, je suis entré en Mayonnaise...pour vous servir!(salade, tomates, ognons ?)

-Un truc que t’aurais à rajouter ?
Chaque génération a son age d'or à raconter (et souvent c'est chiant), mais faut dire que 90/95 à sainté, c'etait pas rien (c'est chiant?). On partait de zéro et on etait pleins, le feux au cul et des étoiles (des faucilles pour certains) plein les yeux , cohérents, solidaires, savoureusement stupides, very xciting.
En toute ignorance, je certifie qu'il s'est passé quelque chose d'assez rare sur cette période (je sais...c'etait chiant!)

Bizarrement ou pas, la bande son de la ville la plus anglaise de France reste pour moi le Reggae Dub.

QUESTIONS/REPONSES: Luc "hunchbacks"

Un "Questions / Réponses" avec le bon gars Luc ! Aaaahhh que de bons souvenirs avec les Prostates, le groupe qui à ses concerts distribuait la mythique « bière des Prostates » avec sa jolie petite étiquette, puis avec les Hunchbacks qui seront de tous les mauvais coups ! Maintenant il joue avec Shoot The Dogs et ça le fait carrément !

-Comment t’es-tu retrouvé à être actif dans la scène stéphanoise ?
ça a commencé comme ça : on jouait Johnny B. Good et « Les martiens attaquent » (-des Vierges !-ndm) à 2 avec un copain sur nos guitares, puis comme on savait pas chanter un autre nous a rejoint, et puis on a décidé de monter un groupe juste pour une fête de fin d’année : on a recruté un copain qui avait une batterie et un autre qui jouait de l’harmonica. Années 80, période « alternative » on  voulait appeler notre  groupe les Kystes, parce que le chanteur avait un kyste au cul, et à chaque fois qu’il se le faisait enlever il repoussait. Mais ça l’a pas fait rire, alors on s’est appelé les Prostates, on a fait ce concert qui a été un succès (évidemment, on jouait devant  nos potes), y avait un grand article dans le journal avec nos tronches du coup ça nous a  motivé et on a  continué !

Tout ça grâce au punk rock, qui nous a montré que c'était pas la peine d'avoir étudié la guitare pendant x années pour faire un groupe, que t'étais pas obligé d'être journaliste pour écrire, ni d'être éditeur pour publier : une photocopieuse suffit.



-Premiers méfaits, premières activités ? Et qu’est-ce qui te motivait alors ?
Premiers méfaits : les Prostates donc. La motivation, c’est toujours pareil :  pour rigoler et boire des bières ! De ce côté-là, nom de Dieu,  le contrat a été bien rempli.

En parallèle j’animais aussi une émission punk rock avec Laurent (qui, avec son asso des Productions du Hasard, avait organisé les concerts des Batmen et des Celibates Riffles à St-Etienne) : « Opinel Lobotomy » (y a pas du jeu de mots là, hein ?) sur Radio Forum tous les vendredis de 19h à 20h. On passait nos skeuds et nos K7 : De Crass à Husker Dü en passant par les Cramps, Tav Falco et bien sûr toute la scène française ! On annonçait les concerts aussi, et on faisait des compte-rendus de ceux auxquels on avait assisté (et on en voyait pas mal). Mais bon, on n’était pas très drôles, et on n’avait pas des voix très radiophoniques ! Le générique de début c'était "Up Two Three Four" de Sid Presley Experience, celui de fin un instrumental des vierges.

Quand la radio a coulé, ben.. on a arrêté !

-Tu peux faire un petit historique de ton activisme au cours des années, dans cette scène ?
Je peux, je peux, mais j’ai pas de cerveau et j’ai du mal à me rappeler les dates !
Pour les groupes : Prostates, avec divers line up 1986/87 - 1991 (?)
Hunchbacks avec aussi divers line-up : 1994 (?) - 2005
SHOOT THE DOGS 2006 - et ça continue !

Radio : Opinel Lobotomy 1986/87,  peut-être 88, je sais plus
J’ai organisé qu’un seul truc : la RAMONES BATTLE cette année (2010) à l'Entre-pots café, grâce à l'asso dont je fais partie DEAD DOG RECORDS

-Quels sont tes meilleurs souvenirs de la scène stéphanoises en tant que participant « actif » ? Et en tant que « public » ?
Bon, je t’avertis Maz que c’est pas pour faire vieux con ou dire « j’y étais », mais c’est vrai que les concerts qui te marquent le plus sont les premiers que tu vois, quand t’es même pas majeur… donc les meilleurs : La Souris Déglinguée / Paranoïd City / Ich Libido salle Jeanne D’arc en 81 ou 82, parce que c’était le premier et qu’on avait peur de se faire casser la gueule (on savait pas ce que c’était des punks et on flippait un peu !), TOUS les concerts d’OTH (surtout le premier à la maison de la culture avec Panik LTDC), Wunderbach, encore la Souris au lycée Mimard, les bérus à la patinoire (-c’était au Hall Gaty !-ndm), les Celibates Rifles et les Batmen au crêt de Roc, les King Size et les Chihuahuas au Marquis Café, Parabellum à l’Arma, Fleshtones à La Fouillouse, les concerts Crypt Records de Nerfs à Vifs à l’Entre-Pot : Dirtys, Dm Bob, Ass Dragers, Beguiled, Jack Oblivian, KID CONGO, les Wampas au Mistral (putain ce que j’ai pu rigoler), TOUS les concerts des Dickheads (Bateau Ivre, Ecume des jours, MCC et autres, et surtout celui avec les CHACAUX à l'entrep'), les TV Killers  à l'Entrep (ou au Mistral ?-entrep’ !-ndm), les Shaggy Hound (c'te classe !) , les No Talents à l'Entrep',  Bushmen au Mistral, Greddy Guts au Ranc Art, Deniz Tek et  Kent Steenman à l'Entrep', Yage au Bateau Ivre,  Métal Urbain, Demolition Doll Rods au Thunderbird, Warum Joe, Dumbell au local 100 %, Jessie Evans à l'Assommoir,  Thomson Rollets à l'Hymalayan, allez j'arrête là ça va faire catalogue!


 Hunchbacks

-Les pires ?
Les pires c’est ceux que j’ai raté, et ça fout bien les boules (Casualties, Pleasure Fuckers, Bikini Kill : je suis arrivé c’était fini, Hot Pants…) Franchement y a bien parfois des concerts un peu moyens (ou plutôt dans des styles qui me font moins bander), mais tu trouves toujours des potes pour tailler le bout de gras...
Et puis y a les concerts des Prostates ou Hunchbacks où  on a joué comme des merdes et où on a eu l'impression de bien se griller,  mais là je te fais pas la liste.

-Quelles sont pour toi les forces et les faiblesses de la scène locale ?
La force : y a plein de groupes, et plein d’assos (enfin… si DCA et Nerfs à Vifs ne disparaissent pas!), plein de concerts d’organisés : y en a pour tous les goûts. Un bon site www.sainte-underground.org, grâce auquel tu arrives à savoir ce qui se passe en ville.

Les faiblesses : peut-être que le public vieillit. (moi en tout cas c'est sûr) Pas toujours beaucoup de monde aux concerts, des fois tu te demandes pourquoi. Et puis c'est toujours un peu les mêmes. Les groupes ont du mal à sortir de la région (pour un State Poison qui tourne au Japon, combien restent dans le coin ?).  Je trouve aussi qu'il n'y a pas trop de groupe punk / oï / 77 ou garage,  par rapport au hard core / Emo Core / Post punk. Et puis  on n'a pas de salle rock'n'roll (style 200 / 300 places, que des asso pourrait louer pas trop cher et en gardant le bar et  ne me parle pas du Fil, pfff..)

-Tes 5 skeuds stéphanois préférés ?
à part ceux des Hunchbacks (ben ouais, j’aime bien ce qu’on a sorti !) :

- Le 45 tours des Dickheads sur Combat Rock
- Le 33 des Dickheads et le 45 rouge sur One By One
- Le Cd démo des Chacaux
- Le 45 t des Protex Blue (celui avec Meanwhile, anp ep je crois)
- Le Perfect Pack

-Tes activités actuelles ?
SHOOT THE DOGS ! On vient d’enregistrer avec Jacko et Olaf, 12 titres dont on est bien contents… (mais bon, on est toujours contents ! ) allez voir là : www.shootthedogs.com ou www.myspace.com/shootthedogs .

Puis faudra bien qu’on fasse la RAMONES BATTLE # 2, parce que pour la première on a bien rigolé (sauf Lionel aux entrées) www.ramonesbattle.com

-Un truc que t’aurais à rajouter ?
Tu crois que j'en ai pas assez écrit, nom de Dieu ! T'es jamais content !
Allez je passe une annonce : j'ai plein de disques des Hunchbacks à vendre, qui c'est qui en veut ? Tarifs dégressifs à partir de 30.
ACHÈTE LE DISQUE DE SHOOT THE DOGS qui va sortir, parce qu'on est vraiment fauchés.
Ami lecteur, la prochaine fois que tu me rencontres,  PAYE MOI UNE BIERE. Ou deux. Et aussi :
Début Septembre (le 7 je crois) : manif contre la réforme des retraites : viens bordel ! ça te plait de bosser jusqu'à je sais pas quel âge, pour toucher peau de Zob en plus ? Non? et ben fais grève et rendez-vous devant la bourse!

QUESTIONS/REPONSES: Ives "Appertte"


-Comment t’es-tu retrouvé à être actif dans la scène stéphanoise ? 
Je ne sais pas trop ce qu'être actif dans la scène stéphanoise veut dire... La "scène locale" m'a toujours foutu les jetons, et si j'en fait manifestement partie, c'est uniquement lié au fait qu'après un break de quatre ans je me suis retrouvé à faire le guitariste pour un groupe de petits nazipunks que tout le monde méprise ici (je suppose que c'est bien fait), et qu'après 15 ans à fuir une certaine réalité locale, je me suis mis à dépanner 2 ou 3 associations quand il faut "sonoriser" de nouvelles et stimulantes manifestations culturelles (et commerciales, puisqu'il s'agit avant tout de VENDRE DE LA BIERE). J'enregistre aussi des gens dans un misérable studio que j'ai mis des années à bricoler dans ma cave, c'est en train de devenir mon activité très principale. 
  
-Premiers méfaits, premières activités ? Et qu’est-ce qui te motivait alors ?
J'ai commencé à répéter/enregistrer/jouer vers 1993 avec un groupe de Lycée. Honoré d'Urfé, Solaure, La Ric etc... On était plutôt des sentimentaux à problèmes, et donc on a pas insisté après le fameux passage des Thompson Rollets à l'Himalayan (Je me rappelle être allé voir Jeff Dahl, organisé par Nerfs à Vifs, et Costes, par La Phrance Qui Pue, mais pour le Saint Etienne des 90's ça doit être tout, avec peut-être Prohibition, je sais pas pourquoi...). 
  Au lieu de ça on a passé 10 ans à faire des concerts n'importe comment, n'importe où, à sortir des disques sans faire de promo, à fuir toute forme de réseau (on était trop "purs", tu vois?), à s'engueuler, à essayer de survivre à 3 dans 25 M2, à sortir épouvantés de l'adolescence etc... Ca a été très pénible, et je déconseille à quiconque de faire un truc pareil: c'est un mode de vie très décourageant. Quant à savoir ce qui nous motivait, c'est assez flou... L'amitié qui scellait le groupe tenait sur le partage de graves névroses: l'associabilité, la paranoïa, la fièvre sectaire qui s'empare parfois des jeunes hommes qui ne baisent pas assez et surtout un gros complexe d'infériorité/supériorité. On était immergé dans l'idéologie du Rock, quoi. Ma mère était une divorcée des 70's/ 80's assez branchée, donc il y a toujours eu des disques super autour de moi, mais si je dois en parler, j'ai vécu une épiphanie devant la fameuse scène de "Retour vers le futur" où Michael J. Fox joue Johnny B. Goode - je crois que je ne suis pas le seul. 

-Tu peux faire un petit historique de ton activisme au cours des années, dans cette scène ?
J'ai en parallèle commencé à enregistrer et sonoriser d'autres personnes, mais toujours à la périphérie de la scène punk officielle... On restait entre fiottes, quoi. Le guitariste de SixPack est mon seul ami historique lié à la "communauté" dont parlent tous ceux qui ont déjà répondu. Je n'ai rencontré les autres qu'"après" (la fermeture du Mistral, le passage de cette génération à la trentaine, les splits, l'apogée de la pornodroite etc...). J'ai aussi joué dans plein de groupes éphémères en tant que simple musicien, ce qui, à postériori, m'a permis de respirer un peu, et de rencontrer enfin d'autres gens malgrès mes réticences. 
  
-Quels sont tes meilleurs , et pires, souvenirs de la scène stéphanoises en tant que participant « actif » ? Et en tant que « public » ?
Hmmm... J'ai adoré Espace Prothèse, puis Chevignon. Et l'Asso Atom' Chrom, Place Grenette (moins après). Mais là, ça devient problématique, parce que les années chéries du punk stéphanois se mêlent à mes pires souvenirs: penser aux affiches pour Fuckin' Joe et World Pets au lycée ne me rappelle que l'isolement de l'adolescence... On a vécu tout ça comme des ados rêveurs dont l'approche du Rock s'était faite principalement par les disques, et de manière très singulière et intime, ce qui change tout, évidemment (la notion de "collectif" n'est entrée CONCRETEMENT que très récemment dans ma vie, même si j'ai toujours été "politisé", comme l'était mon groupe). Je me souviens avoir dérouillé quand il a fallu entrer dans des endroits qui nous paraissaient être des temples sectaires, pour écouter ce que je ne comprenais souvent que comme de la bouillie sous-amplifiée. Bref, pas de nostalgie des "années Mistral" pour moi. Mes meilleurs souvenirs sont encore des trucs très personnels, et il m'est difficile de les relier à la notion de "scène stéphanoise". 

-Quelles sont pour toi les forces et les faiblesses de la scène locale ?
Après avoir passé 20 minutes à raconter à quel point je suis étranger à cette scène, je devrais probablement fermer ma gueule...  De toutes façons ces questions n'auront très bientôt plus d'importance, vu la moyenne d'âge de la population dont on parle. Je peux au moins dire que l'écart entre le discours et le fonctionnement effectif de groupes ou de lieux se réclamant de l'indépendance mais dont la pérennité n'est liée qu'à une pratique continue et institutionnalisée du pompage de sub' est exaspérant. Parallèlement des groupes du monde entier passent plusieurs fois par mois, et pour 5 Euros (l'indépassable plafond/tabou), rendre service aux alcooliers locaux qui, c'est vrai, mettent à disposition une sono sans twitters... En ce qui me concerne, le modèle économique de la scène stéphanoise, C'EST LA BIERE Vs L'ARGENT PUBLIQUE.
-Tes 5 skeuds stéphanois préférés ? 
Il n'y en a pas 5, malheureusement... J'aime bien le 4 titres de Wei-Ji (parce qu'il est bien nocturne et découragé), mais c'est presque un blasphème, je crois... La face Chevignon de leur split 10" avec Mary Poppers est de classe historique mais c'est un disque lyonnais, finalement. Et les Lux Mental Hospital n'ont même pas eu le temps de sortir leur album, ce qui n'est une tragédie que pour moi. Je n'ai pas retrouvé la profonde densité des concerts de 1000 Vierges sur leur CD, c'est dommage. VFB ne fait pas rire, mais je ne peux pas dire que j'"aime", pareil pour le 10" des Perfect Cousins...
-Tes activités actuelles ?
Pfff... Les Norma Jean Baker's Underwears vont sortir un 10" enregistré chez moi, et Brand New Hate un 7". Loïc d'Hanna Trance cherche un Label pour sortir son album. Et j'ai même récemment enregistré un groupe de Oï lyonnais à la syntaxe étrange, et d'autre trucs encore plus éloignés de la "scène"... Je joue toujours avec les Cuts, on est en train d'enregistrer l'album-arlésienne du groupe en ce moment. Et je continue à faire le son pour Nerfs à Vif, Angry Ballerina etc...

QUESTIONS/REPONSES: Elsa "Bavardages"

-Comment t’es-tu retrouvé à être actif dans la scène stéphanoise ?
Beh... J'aimais bien le punk et je lisais plein de zines punx (au sens très large du terme) quand j'étais ado. Et j'ai commencé à faire un zine (Bavardages...) mais tout ça c'était surtout en direct de ma chambre. Et enfin grâce à mon grand frère, je suis descendue en centre ville (et dans la plaine du forez, et sur la colline de beaubrun, etc.), et là j'ai commencé à aller aux concertes et rencontrer des gens. Après avec mon pote Jérôme (dont y a aussi l'interviou dans ces pages), on a organisé notre premier concert : What's Wrong, Kurt, et Twist (?), à l'Entre-Pots café. Et les gens de Tranzophobia nous avaient prêté le local de Jungle Exotica pour accueillir les groupes à dîner, et pour nous remonter les bretelles parce qu'on n'avait pas pensé à acheter de la bière pour les groupes. On devait avoir seize ans environ, c'était donc en 1998 environ. Voilà, pour situer, comment ça a commencé.  Après, pour moi, tout s'enchaîne...

-Premiers méfaits, premières activités ? Et qu’est-ce qui te motivait alors ?
Ben, je retrouvais dans le punk (dans un sens très large, puisque j'adorais autant des trucs punkrock, hardcore, hardcore emo, hardcore noise...) une musique qui me touchait aux tripes. Et dans la démarche et les paroles des groupes, et les idées qu'on retrouvait dans les zines (et les échanges de courriers intenses qu'on avait à l'époque avec pas mal de gens différents qui faisaient des zines), je retrouvais mes questions et mes critiques sur le monde dans lequel je vivais...
A sainté, ben les gens qui faisaient tout ça me fascinaient, tout d'abord, et après pas mal d'entre eux sont devenus mes potes, et pour beaucoup le sont resté. Ces personnes et ces amitiés sont bien sûr la motivation première, au final.

-Tu peux faire un petit historique de ton activisme au cours des années, dans cette scène ?
Umf. Donc le zine « Bavardages... » (musique et blabla), 7 numéros, dont le dernier date de 2006 (mais des fois je rêve de re-sortir un zine, mine de rien). D'ailleurs, au cas où, j'ai perdu l'original du n°0, il était un peu nul mais c'est affectif, j'aimerais bien en avoir un exemplaire quand même, si quelqu'un l'a au fond d'un tiroir... 
A l'époque du lycée, donc fin des années 90 pour moi, j'ai rencontré pas mal de petit-e-s jeunes de la ville dans le même délire que moi, et Anne et Claire qui jouaient dans Raising Anger m'ont proposé de jouer de la basse dans un nouveau groupe de hardcore, qui s'est alors appelé Downhill. (je savais pas jouer de la basse, elles me montraient les cases où je devais appuyer, c'est toujours un peu pareil pour moi d'ailleurs, mais bon). Je crois que ça a duré deux ou trois ans, on a sorti une obscure démo. On était trois gamines dans cette scène de bons gars, c'était pas toujours facile, surtout du point de vue de la confiance en soi. Mais bon, on a aussi été encouragées. On avait l'impression que personne nous prenait au sérieux, n'empêche que heureusement pour nous qu'il y avait par exemple Sauf Imprevu pour répéter, et quelques gens pour nous inviter à jouer (même si y en a un qu'a écrit « hardcore gentillet » pour nous décrire sur l'affiche ! Groumf, la vengeance est un plat qui se mange froid)... Et des darons de la scène qui te disent dix ans après qu'ils aimaient bien alors que tu pensais franchement que tu faisais de la merde !!
Donc j'ai aussi aidé à organiser deux ou trois concerts par ci par là et après (je sais plus trop quand... ??) je me suis retrouvée dans le collectif La France Pue, qui organise des concerts (international punk/hardcore, et plus si affinités, comme on dit) depuis un paquet d'années. Malgré de grosses baisses de motivation et d'investissement, ben j'y suis toujours et j'y suis bien. La France Pue c'est aussi une émission de radio, deux fois par mois sur Radio Dio, et je me suis retrouvée là-dedans aussi un jour sans trop savoir pourquoi, à part que c'était la présence de copines qui m'avait motivée, et que c'était cool. On passe des disques qu'on aime bien et on en parle, et puis on annonce les concerts à venir qui nous intéressent, que rêver de mieux ?
Ah voui aussi à une époque, on a fait un crew de meufs pour organiser des concerts à synthétienne et lyon, notamment pour faire jouer Harum Scarum (excellent groupe hardcore ricain). On a fait ça comme ça parce que pour plein de raisons, on trouvait pas notre place dans la scène punk en tant que meuf qui voulait être active, on se sentait souvent dépossédées des choses, avec des difficultés à avoir l'espace pour prendre des choses en main (être soi même en contact avec les super groupes que tu kiffes, savoir installer une salle, gérer une sono, négocier une salle... Enfin, pour caricaturer – pas tant que ça ! - faire autre chose que la bouffe, les sourires et « la petite copine de »). Y a pas mal de trucs que je ne referais pas de la même manière et que je ne vois plus de la même manière, mais je suis drôlement contente qu'on ait fait ça.
On a aussi fait un groupe, disons anarcho-punk à boîte à rythme, appelé CTB, avec deux copines. Ça a duré quelques temps, aux alentours de 2004. De bons souvenirs, mais pas très excitant musicalement, eheh.
J'ai aussi aidé quelques groupes que j'aimais, humainement et musicalement, à sortir des disques : Chaos ZZZ, Ken Park, Passion Armée.
Aussi, dès 2000 j'ai commencé à squatter, ce qui était la continuation logique pour moi de la manière dont j'envisageais le punk : je ne voulais pas perdre ma vie à la gagner, et nous avions besoin de lieux pour organiser toutes les activités dont nous rêvions (on prétendait un peu aussi qu'on allait contribuer à changer le monde et faire la révolution, mais bon, arf...). Bref, on a occupé une maison qui s'appelait Izmir et qui restera une sorte de mythe fondateur dans ma vie, malgré tout ce que j'y ai aussi détesté. Et puis après, les squats se sont succédés. Avec des pauses aussi, et l'expérience de vie en appart', et le retour au squat. Et aujourd'hui on occupe une usine-maison, La Sfero, où on peut faire des concerts, ce qui est vraiment le pied.
Et puis depuis quelques années  je joue de la basse dans Atomic Tango. Et on s'amuse vraiment bien.
Bon, ça fait un peu CV, c'est gênant, même si ça me rappelle plein de sacrés histoires et de sacrés gens, qui sont encore à mes côtés ou qui ont malheureusement disparu. J'arrête là.

-Quels sont tes meilleurs souvenirs de la scène stéphanoise en tant que participant « actif » ? Et en tant que « public » ?
En tant que public, LE souvenir mythique (dans le sens où c'est toujours qui me vient en premier à l'esprit, et après y en a plein d'autres qui rappliquent) est pour moi le concert de Submission Hold au Mistral Gagnant (vers 1999 ? pour les dates, faudra demander par exemple à La Zaï, mon encyclopédie du punkrock).
Les fêtes de la musique de la fin des années 90, qui te donnaient l'opportunité de découvrir des groupes et des gens.
En tant que participante active ? Je sais pas....

-Les pires ?
Sûrement quand toutes tes illusions sur le fabuleux monde du punkrock, les squats, et la révolution, s'effritent... (Notamment quand tu remarques le fossé entre les beaux discours et la réalité).  Après, t'apprends à accepter que les idéaux, ça sert à rien. Et avec un peu de chance, un jour, tu captes qu'il y a quand même un sens à tout ça.
Les flics qui chargent, gazent, et arrêtent des gens, lors d'un concert au sporting (août 2002), événement qui débouche sur la découverte concrète de ce que c'est que d'avoir quelqu'un que tu aimes qui est en taule.

-Quelles sont pour toi les forces et les faiblesses de la scène locale ?
Dans pas mal d'autres endroits de part le monde, la scène punkrock est composée de pas mal de gens qui s'activent par ailleurs dans des collectifs, des « causes politiques », et qui aussi ont une démarche, des paroles, etc., clairement politiques. Anti-capitalisme, anarchisme, féminisme, questions de genre, luttes contre les frontières, blabla... A st-é je trouve que c'est pas trop le cas, et des fois ça manque. Bon, c'est bizarre de définir ce qui est politique et ce qui ne l'est pas (et plein de collectifs super radicaux sont nuls et des groupes super engagés sont chiants à mourir). Mais c'est vrai que moi ça me manque.
Tu vois, pour en revenir à un exemple qui m'a marqué, quand quelqu'un qui fait partie de la « scène » fréquente aussi les concerts de RAC (« rock against communism », l'extrême droite, quoi) et en a ouvertement rien à foutre de la différence entre RAC et punk, ou encore quand un autre dit « prison = arabes = banlieues = délinquants ; moi je les brûle, les cités », et que ce truc ne provoque pas un tollé, moi j'ai l'impression d'être une scène de rockeurs mollassons, pas dans la scène punkrock*. Donc, bref, je trouve la scène stéphanoise pas très « engagée politiquement », alors que selon moi c'est un mouvement très politique.

... et en même temps. Je suis de plus en plus allergique à la fermeture d'esprit et à la naïveté de pas mal de milieux qui se croient super-politiques-trop-radicaux par rapport aux autres. Je supporte pas les prêcheurs-euses. Et des fois (au risque de paraître incohérente), je trouve que la force de la scène stéphanoise, c'est tout ce qui se passe entre les gens, la richesse de cette scène, ses mélanges, ces chouettes gens, et sa passion. Et au final, c'est peut-être plus important que les apparences politiques qui ne cachent parfois que le vide intersidéral.

Autre truc qui m'embête : après m'être sentie « la gamine » dans la scène stéphanoise pendant très longtemps (et encore maintenant des fois...), je me pose beaucoup de questions sur le non-renouvellement des gens, l'arrivée de p'tit-e-s jeunes...
Il nous manque des lieux pour échanger, nous retrouver ! Je pense que c'est un moyen fort pour s'ouvrir à des gens divers...

-Tes 5 skeuds stéphanois préférés ?
Le ep des Protex Blue où y a la chanson « Move » dessus, sérieux, la tuerie. On était pas mal de p'tit-e-s jeunes à rêver de reprendre « Move » dans nos groupes respectifs, tu savais ça ?

Le ep de Ken Park, c'est-à-dire leur premier disque.

Quand j'écoute Reading History de Six Pack, ça me serre le bide. J'aime pas toutes les chansons, mais Rosa Parks et Overseas, par exemple, sont des perles.

Le CD de Straight to hell. Argh.

C'est les 4 qui vraiment me viennent à l'esprit comme des monuments. Après, j'ai aussi de très bons souvenirs des vinyls de Goofball, Pedestrian Crossing, Swith Stance, et plus récemment Chaos ZZZ, et encore plus récemment j'ai vraiment kiffé la démo de Toujours Rien, et puis celle de Pervers et truands. J'en oublie sûrement. 


-Tes activités actuelles ?
Punkrock (organiser, jouer, écouter, regarder). Radio Dio (s'arracher les cheveux pour administrer cette association, et prendre mon pied à y faire des émissions). Surtout : l'émission de radio « Papillon », contre les taules. Le squat et la vie dedans.

-Un truc que t’aurais à rajouter ?
Beuh j'ai déjà pas mal causé. Merci.

* Après, nous, les gens qui étions choqués par ces propos, on n'a peut-être pas su expliquer ouvertement pour quoi, et faire tourner le mot, mais aussi, je crois qu'il y a pas mal de gens qui voulaient pas l'entendre. En fait vu, je veux surtout pas balancer une polémique sur le net, je trouve ça stérile, mais si vous voulez en discuter, venez me causer en face.

QUESTIONS/REPONSES: Silvain "la zaï"

Allez, encore un pélo à passer à "la question" (brrrrrrrr) !
Silvain, plus connu sous le surnom de "la Zaï" (et aussi sous celui de "Jean luc Lahaie" pour des raisons capillaires et à cause d'un t-shirt de Black Flag !)

-Comment t’es-tu retrouvé à être actif dans la scène stéphanoise ?
Hum...beaucoup de choses sont arrivées en même temps à la fin des années 80 et au début des années 90...en tout cas ce qui est sûr, c'est que j'ai découvert le punk et le rock alterno à la fois par le biais d'un camarade de classe en début de collège et par celui d'émissions de radio successives (Protest & Survive sur SWK, Prejudice, All Set to Go et une autre dont je ne me souviens plus du nom animée par David et Douadi sur Radio Dio). Ce qui fait que j'ai un attachement tout particulier pour le punk des années 80 et pour le média radiophonique. Et tout bien réfléchi, c'était quand même mieux qu'INDOCHINE (quoique le concert au Théatre Jean Dasté en 1986, c'était bien punk-rock).
Il y avait peu de concerts à Saint-Etienne à cette époque, ce qui fait que les premiers où nous nous sommes rendus avec mes petits camarades, grâce à l'apparition du Mad's Collectif, ressemblaient pas mal à de grosses fêtes oû nous découvrions les yeux écarquillés un univers magique qui nous correspondait en même temps que nous nous essayions à nos premières transgressions. L'ambiance générale était plutôt politisée, les groupes phares pour nous c'était BERURIER NOIR, THE BRIGADES, les CLASH, STIFF LITTLE FINGERS, HAINE BRIGADE ou localement INTERNAL EXIL pour n'en citer que 6. Un de me collègues a déjà cité ce fameux prof d'histoire qui nous faisait régulièrement "de petites livraisons de disques", assumant de fait sa fonction en nous éduquant réellement au punk-rock au sens large et en nous éloignant des bourrineries auxquelles nous étions plus habitués


-Premiers méfaits, premières activités ? Et qu’est-ce qui te motivait
alors ?

On a bricolé des groupes punks au lycée avec du matos de récup', entre autre des barils de lessive avec du scotch marron tendu en guise de batterie, un synthé avec boite à rythme intégré dans un énorme ghetto blaster, une guitare pour enfant...petit à petit, certains ont acheté du matos, je me rappelle avec émotion de la première batterie de Brayou, une batterie de baloche horrible, mais quelle classe...ce qui nous a amené à faire des groupes un poil plus structurés, avec des répèts et tout et à écrire des chefs-d'oeuvre impérissables comme par exemple "Revolution/Repression".
On a ensuite rencontré des gens du Montcel/La Ricamarie -la banlieue rouge-, des rebeus branchés punk-rock avec qui on a formé FUCKIN JO (en référence au film de Gérard Mordillat, "Fucking Fernand"). Notre diversité ethnique (2 rebs, 2 viets et moi) nous a d'ailleurs valu le surnom de "CARTE DE SÉJOUR" (premier groupe lyonnais de Rachid TAHA) lorsque nous avons commencé à répéter dans les locaux de Sauf Imprévu -une consécration-, situés alors tout au bout de la rue Neyron, juste à côté d'un local de bikers et d'un voisin facho qui sortait son fusil.
On a fait une poignée de concerts sur 2/3 ans entre 90 et 92, notamment avec nos frêres d'armes SIXPACK avec qui on est devenu quasi-instantanément amis et une démo tirée à 20 exemplaires. Après ce groupe, je me suis contenté d'être acteur sur le versant non-musicien du mouvement, valait mieux pour vos oreilles. Mis à part une tournée mémorable comme 2nd chanteur de VOMIT FOR BREAKFAST en compagnie des non moins mémorables MEURS & RESSUSCITE (hardcore !).
Pour ce qui est de ma motivation personnelle, ben c'était de faire du punk quoi et de pouvoir me sentir relié à des gens qui partageaient mes convictions politiques...Je découvrais des nouveaux trucs tous les jours. Musicalement on était à fond derrière la scène angevine, principalement LES THUGS et leur label BLACK & NOIR, mais aussi les SHAKING DOLLS, DIRTY HANDS... MINOR THREAT -la baaase-, ou BLACK FLAG,HUSKER DU, BAD RELIGION & DEAD KENNEDYS ont été aussi des gros coups de fouet. Et aussi DDT / BURNING HEADS (mémorable découverte lors d'un concert avec les HARD-ONS au Fahrenheit à Issy-les-Moulineaux).
Les SCALP (Sections Carrément Anti Le Pen) étaient assez répandues et actives en France dans les années 80, donc très vite on a été sensibilisés à un militantisme d'extrême gauche/anarchiste qui pour moi reste toujours complètement intrinsèque à mon approche du punk. Les skinheads fafs faisaient alors malheureusement beaucoup parler d'eux et surtout venaient faire chier dans les concerts punks, on était donc forcément très focalisés sur l'antifascisme. Heureusement, Sainté était relativement épargnée par ces invasions de décérébrés qui restaient principalement dans leur capitale des Gols (sauf pour les concerts de LSD, hein ?).
Quelques uns d'entre nous gardent des souvenirs douloureux de certains travaux de platrerie/peinture, notamment après le concert desTHUGS/PARABELLUM -sans oublier les excellents URUMILA, hihi- à la Maison de Quartier de Solaure.


-Tu peux faire un petit historique de ton activisme au cours des années,
dans cette scène ?

En-dehors du groupe de lycéens évoqué ci-dessus, je me suis intéressé très rapidement aux émissions de radio, j'ai du traîner mes guêtres dans quelques émissions en spectateur/buveur de bière, notamment celles d'ALL SET TO GO ou PREJUDICE. Puis avec le créateur de ce blog on a animé GARAGELAND et TRANZOPHOBIA au milieu des années 90.
TRANZOPHOBIA était aussi un zine, dont les réunions de Komintern ont déjà été évoquée sur ce site. 8 numéros sortis en presque 10 ans, les premiers plutôt légers et plus centrés sur la scène locale, les derniers plus proches du catalogue de la Redoute et co-réalisés avec des activistes éparpillés dans toute la France. Dernier numéro sorti en 2000 avec une couverture d'Ivan Brun (premier chanteur de COCHE BOMBA), dessinateur qui m'est cher car il illustre ma vie de punk depuis de nombreuses années. Il m'en reste quelques exemplaires pour les nostalgiques/archivistes.
J'ai aussi fait partie d'NRV Prod, label stéphanois qui a produit une poignée de disques, notamment les compils "Fachons les Fachos" et "Desintegrons les Integristes", et SIXPACK, BUSHMEN...On a aussi
organisé quelques concerts sous ce nom.
A un moment donné, on avait aussi un collectif qui s'appellait JUNGLE EXOTICA on organisait des soirées les lundi soirs dans un local rue Elise Gervais, initialement celui du Mad's Collectif, qui a fini par être squatté. Le principe était de promouvoir la bouffe végétarienne tout en diffusant des films militants, en organisant des expos d'artistes locaux ou des rencontres/débats etc...Le local était partagé avec Mad's Collectif, NRV Prod, Zorlac, Alternative System et...Baby-Sitting Services...
En 1998, l'émission TRANZOPHOBIA s'est transformée en LA FRANCE PUE avec l'arrivée de nouveaux-elles participant-es. On s'est rapidement constitué-es en collectif, on organise des concerts régulièrement depuis (216 à ce jour). On est une dizaine de personnes actives, avec pas mal de potes qui filent des coups de main à l'occasion. On se partage le taf suivant les disponibilités, les envies, les centres d'intérêt (son, bouffe, artwork, booking, video, distro...). L'orientation musicale est plutôt hardcore-punk-crust, DIY revendicatif, mais il nous arrive de faire jouer des groupes évoluant dans d'autres styles si leur attitude est intéressante. Le principal étant d'essayer de mettre l'accent autant que possible sur les scènes moins représentées, celles d'Europe de l'Est ou d'Amérique Latine par exemple. On fait aussi une distro, consultable sur notre site, en même temps que les anciennes émissions radio et quelques vidéos, voir : http://www.lafrancepue.org
Plus récemment, j'ai été impliqué dans la gestion de lieux associatifs comme Main dans la Main ou le Local 100%.
Et enfin, je suis dernièrement parti en tournée avec le groupe hardcore algérien DEMOKHRATIA et c'était une expérience unique. Il s'agissait du premier groupe punk algérien à tourner en Europe et honnêtement, ça m'a rappellé le pourquoi de mon intérêt initial à la musique punk. Ces types risquent gros à remettre en cause leur gouvernement dans leurs chansons, à dénoncer les islamistes ou à revendiquer ce que nous considérons comme acquis dans nos clubs socio-culturels punks d'Europe Occidentale. Je compte bien les faire revenir ici dans un avenir plus ou moins proche et faire ce que je peux pour les aider à développer quelque chose qui
ressemble à une scène à Alger.


-Quels sont tes meilleurs souvenirs de la scène stéphanoise en tant que
participant « actif » ? Et en tant que « public » ?

Hum...c'est énorme ça. Commençons par les souvenirs en tant que "public", même si je pense que dans le punk le "public" doit aussi être acteur du concert.
- Concert BERURIER NOIR  / INTERNAL EXIL à la Bourse du Travail en 89 de façon évidente, et le concert "Anti Inflation" de ces derniers au Mistral Gagnant quelques temps plus tard. D'une façon générale, les 3 concerts à la Bourse du Travail auxquels j'ai assisté étaient bien sauvages (PARABELLUM+PARKINSON SQUARE+DILEURS et LUDWIG VON 88+DIE MIMMI'S+SOURIRE KABYLE étant les deux autres), énormément de monde, une ambiance chaotique typique des 80's. Ceci dit, le passé est le passé et je suis bien content de ne pas revivre cette période perpétuellement, je pense que la scène punk a beaucoup évolué depuis, notamment à un niveau organisationnel, les relations entre les activistes de différents pays se sont énormément développées, notamment depuis l'éclatement d'internet et le temps des tournées organisées par courrier ou par faxes est
heureusement révolu. La France a du mal à se débarasser des clichés punk phacochère beauf et violent, mais c'est quand même une espèce en voie d'extinction.
- Les concerts de SIXPACK, BEND SINISTER, KANGA ROOS, SILICONE DAMAGE, WORLD PETS, BOREDOM et tous les groupes de cette génération qui pour beaucoup de gens ont été le point de départ d'un engagement dans la scène musicale locale. L'apparition de BAD TASTE avec qui j'avais fait une tournée en Suisse en compagnie des japonais de BATTLE OF DISARM et qui buvaient du blanc-cass' dans un bar de la Place Albert Thomas.
SWITCH STANCE, leur pendant SxE.
- BURNING HEADS / THOMPSON ROLLETS à l'Himalayan Bar
- Les festivals Gagarage & Avatarium pour l'ensemble de leurs oeuvres.
- Les concerts dans les multiples squats stéphanois pour les mêmes raisons.
- SIN DIOS et OPSTAND à l'Entre-Pots Café, les premiers parce que c'est un de mes groupes favoris, les seconds parce que c'était bien le bordel.
- H.D.Q, LES RATS, DOG FACED HERMANS et des dizaines d'autres au Mistral Gagnant.
- KALASHNIKOV et Le Festival Hip-hOP Underground au Local 100%
etc..etc...
En fait depuis 1989, il n'y a jamais eu d'interruption dans les concerts à Saint-Etienne, et ça c'est quelque chose d'hyper important, le concert restant le lieu de rencontre privilégié qui permet à une scène d'exister.

Pour ce qui est des meilleurs souvenirs d'organisation...Je dirais...
- le concert d'HEADCLEANER/SLEEPPERS/BATIMENT dans une amicale Bouliste, complet avant même d'avoir commencé.
- Le premier concert sauvage de TROMATISM dans une usine désaffectée rue du Treyve qui nous a permis de nous rendre compte qu'on pouvait ouvrir des lieux et se les réapproprier.
- DROPDEAD à l'Entre-Pots Café, l'an 0 de La France Pue et de la vie de Guillaume de RETCH. DIR YASSIN / NAPALM DANCE / ISP dans ce même Entre-pots Café.
- SEEIN'RED / KILL THE MAN WHO QUESTIONS / EREVAN à St-Victor/Loire dans le sous-sol d'un restaurant.
- TRAGEDY à Atom'Chrom'.
- LEATHERFACE (surtout le set acoustique final) et URO à Main dans la Main
- M.D.C / MOLOTOV COCKTAIL / UNLOGISTIC pour le dernier concert du Pez Ner
- SUBMISSION HOLD, DYSTOPIA / CORRUPTED et PARAGRAF 119 au Mistral.
- Nos participations au Festival "Todo Es" de Luzy dans le 58.
- LA FRACTION / UNLOGISTIC / VOMIT FOR BREAKFAST au Mistral Gagnant dans le cadre de la semaine de fermeture de ce lieu à jamais mythique.
- COLERA à Main dans la Main, parce que c'est un des premiers groupes de punk brésilien que j'ai entendu à la radio à la fin des années 80.
- BEHIND ENEMY LINES / SOCIAL CHAOS, ENDROPHOBIA ou BORN/DEAD à l'Elephant.
- PISSCHRIST au Local 100%, les murs en ruisselaient....
- VIA MEDIA et DEMOKHRATIA à l'Assommoir.
On va s'arrêter là, hein ?

-Les pires ?
- Le second concert de Tromatism rue du Treyve, où la police a donné l'assaut dans un remake de Fort-Bravo nous faisant tester les flashballs en avant-première mondiale. L'usine a d'ailleurs mystérieusement brûlé pendant la nuit...
- Le dernier concert du Squat La Scierie à Lyon, que je n'ai pas vu...un contre-temps de dernière minute avec la maréchaussée.
- Le fait d'avoir refusé de faire jouer POISON IDEA pour des histoires de logistique stupides. MAGIC SYSTEM aussi.
Et en règle générale, les concerts où les gens (principalement des mecs avec la testosterone débordante) se croient obligés de se mettre sur la gueule ou de se comporter comme des beaufs, parce que c'est trop la punk attitude, ouarf ouarf...Désolant et usant.
La disparition des potes, les uns après les autres, même si c'est quelque chose d'intégré quand on évolue dans ce genre de milieu, ça fait toujours chier.


-Quelles sont pour toi les forces et les faiblesses de la scène locale ?
Plein de gens ont déjà évoqué le sujet précedemment et je constate plus ou moins les mêmes choses.
La taille relativement humaine de la ville crée des liens beaucoup plus forts qu'ailleurs, même si ces dernières années la multiplication exponentielle de concerts divise un peu le public et de fait a un effet sur l'ambiance générale qui est par moments moins festive qu'il y a une dizaine ou une quinzaine d'années. Après, tout est relatif, j'ai en tête certains concerts récents où l'ambiance était plus que chaude, dont certains listés au-dessus.
Il y a aussi toujours pas mal de (bons) groupes à Sainté, dans plein de styles différents et ça c'est plutôt cool. En plus depuis quelques temps, ces groupes n'hésitent pas à tourner et à faire des bornes, ce qui était beaucoup plus rare à un certain moment.
Aussi, cette dernière décennie a vu l'apparition de concerts dans les squats, dans des lieux autogérés qui sont beaucoup plus enthousiasmants pour nous d'un point de vue idéologique et organisationnel, sans dénigrer les bars-concerts qui restent une des pierres angulaires (avec la glutte) du punk-rock à St-É.

-Tes 5 skeuds stéphanois préférés ?
Hum...duraille...
. INTERNAL EXIL 1st Demo 89
. LES HÉROS DU PEUPLE SONT IMMORTELS v/a LP, même si au final il n'y a que BABYLON FIGHTERS et éventuellement SINGLE TRACK qu'on peut considérer comme stéphanois. Du coup, je le compte pas dans les 5.
. SIXPACK 1st Demo et "Doubt and Other Feelings" LP
. VOMIT FOR BREAKFAST Premier EP
- DRUNKEN VENGEANCE BASTARD EP
- ATOMIC TANGO EP

-Tes activités actuelles ?
Le collectif LA FRANCE PUE sus-cité occupe pas mal de mon temps. Sinon, je participe parfois à des co-productions de disques, en gardant le vieux nom de TRANZOPHOBIA par nostalgie, héhé...Pour le moment, y'a eu le premier EP du rappeur CALAVERA, le 3ème LP de LA FRACTION "Une Vie Rêvée", le 8eme album de WARUM JOE "Au Milieu de ta Forme",le premier EP de KOENIGSTEIN YOUTH. A suivre, un split EP KOENIGSTEIN YOUTH / STRONG AS TEN et un EP des KAMIONERS DU SUICIDE. Après, c'est pas un label à proprement parler, c'est plus des coups de main à des potes proches.
Sinon, je participe au collectif Numéro Zéro, initialement un média alternatif internet, qui publie depuis quelques temps une version papier gratuite et qui organise de temps en temps des soirées sur différentes thématiques politiques, en soutien ou pas. Ces dernières années, une émission de radio a vu le jour, à laquelle je ne participe pas, mais qui est néanmoins très intéressante.

-Un truc que t’aurais à rajouter ?
Ce blog est super, c'est un peu comme l'INA version punk-rock 4.2.
Martin N. aime la Robert.
C'est pas facile de patienter.
La fête oui, mais la (g)lutte aussi.
Punk ist verzet !

QUESTIONS/REPONSES: Fabrice "Fabou"

Là, c'est Fabrice, l'homme aux multiples surnoms: Fabou, Monsieur Reverb, Pagnot, etc etc... Il jouait dans Raymonde Howard et La seconda Volta, joue dans Negative Runners et trimballe de la gnôle dans les sacoches de son joli scooter !!

-Comment t’es-tu retrouvé à être actif dans la scène stéphanoise ? 
Actif en tant que musicien, ça m'a toujours pendu au nez comme je viens d'une famille de zicos (bon, classiques mais quand même ...) j'ai toujours eu un instrument entre les mains et faire partie d'un groupe un jour est devenu une évidence depuis le lycée. Ce sont des rencontres avec des gens de radio Dio passionnés de musique et connaisseur de la scène locale et de ses "modèles" (les groupes actifs de l'époque : Perfect Cousins, Six Pack, World Pets ...) qui m'ont permis de me lancer dans l'aventure.
En tant que sondier et ingénieur du son amateur, je me suis auto formé par l'envie initialement d'enregistrer mes modestes compos à la guitare à l'époque des Silly Poulps, être autonome. Du coup j'ai fait parti des premiers à faire l'acquisition d'un 4 pistes à cassettes et des petits groupes ont commencé sans que je ne m'y attende à faire appel à mes services pour enregistrer des démos, puis par la suite des skeuds ... en 8 ou 16 pistes.

 -Premiers méfaits, premières activités ? Et qu’est-ce qui te motivait alors ?
Silly Poulps puis Goofball. Ce qui me motivait dans le premier groupe c'était le "même pas honte" d'un groupe de presque non musiciens à l'arrache avec des morceaux très limites tant dans la composition que le jeu ... mais soudés par une profonde amitié. Dans Goofball je me suis plus reconnu dans la composition, un son et des voix qui correspondaient vraiment à ce que je souhaitais jouer alors, de plus il y avait dans ce groupe une totale liberté de jeu, chacun apportait ce qu'il voulait et/ou pouvait et la sauce prenait à chaque fois ! La scène nous a bien rendu la fraicheur que nous apportions pendant cette période où le politiquement trop correct et l'engagement de salon devenait un peu saoulant. L'expérience a été gratifiante.
Les premiers enregistrements on été Les Rainetts, Uneven, Awake ... que du lourd !! Plus sérieusement, je me souviens de cette période où j'enregistrais beaucoup comme une période exténuante, peut être encore plus que quand c'est toi qui joue mais je ne la regrette pas. C'est quand même fascinant d'avoir ton nom sur un disque, de se dire que s'il existe, c'est pour partie grâce à toi. Moi qui ne suis pas un grand fan de la paternité au sens propre, je considère un peu ces disques enregistrés par mes soins comme mes enfants, mes créations, au même titre que les morceaux composés/enregistrés dans mes propres groupes.

-Tu peux faire un petit historique de ton activisme au cours des années, dans cette scène ?
Dans l'ordre : Silly Poulps puis Post Silly Poulps / Goofball / Line / Kiss Kiss Martine / La Seconda Volta / Raymonde Howard.
Pour les enregistrements/mixages : Sont passés entre mes mains ... Uneven / Rainetts / Post Silly Poulps / Goofball / Protex Blue / Thee Muckrackers / Awake / Tragic Vilnius / The Hunchbacks / Pocket bastard ... mais je dois en oublier. En plus de ça il m'arrive de faire le son pour dépanner lors de concerts, je suis également actif au sein de l'association Sauf Imprévu.

-Quels sont tes meilleurs souvenirs de la scène stéphanoises en tant que participant « actif » ? Et en tant que « public » ?
En tant que public, les "anciens" m'ont toujours fais tripper, les concerts des Protex, de Six Pack ... d'une part parce qu'ils jouaient une musique qui me touchait pour différentes raisons, mais aussi parce que cela correspond à une période où il était impossible de jouer devant moins de trente personnes, une période où les gens dansaient/slammaient pendant les concerts. je ne sais pas si c'est le creux générationnel ou le non renouvellement d'une partie de la scène et le départ de certains "anciens" qui mettaient le feu, mais il y a un sérieux, une froideur je trouve dans tous les concerts depuis des années qui ne me donnent plus souvent envie d'y aller. J'ai parfois l'impression que les derniers à se déplacer régulièrement ne le font plus par envie mais par soutien, solidarité avec l'organisation. Je dois être un peu pessimiste ?
Mention toute spéciale quand même aux Bushmen qui ravivent on ne sait comment le feu à chacun de leur passage !!!
En tant qu'actif : Mon pessimisme maladif certainement encore qui parle mais j'ai souvent eu la sensation que les gens qui venaient nous voir à St Etienne ne le faisaient que par amitié, par soutien sans réelle passion pour notre musique, certains concerts de Goofball restent gravés dans ma mémoire pour le constat inverse, des visages avec un sourire jusqu'aux oreilles, des gens qui mouillent le maillot lors de certains concerts... la certitude d'être aimé sur le plan musical, ces concerts font partie de mes meilleurs souvenirs.
Dans un autre registre, le concert pour une "black session" de Lenoir au studio 105 d'Inter avec Raymonde Howard restera sans conteste le plus grand shoot d'adrénaline vécu grâce à la musique à ce jour.

-Les pires ?
La mort d'Hamani.
Les bastons (rares).
La période heureusement terminée "je suis bien pensant, je passe des messages hautement engagés devant mes amis, je ne bois pas et ne fume pas ... toi tu es une merde". Bon j'exagère un peu mais tu vois ce dont je parle ? (-ouais ! ahahah-ndm)

-Quelles sont pour toi les forces et les faiblesses de la scène locale ?
Qui dit scène locale dit une bonne bande de passionnés, coudes serrés, prêts à mouiller la chemise et parfois même payer de leur poche pour faire vivre une scène alternative, créer, jouer, faire jouer. Nous ne sommes parfois pas très loin d'être une grande famille, c'est chaleureux, réconfortant, vivant, créatif ... je voue une admiration sans bornes aux organisateurs, rien que pour cela je ne pourrai vivre ailleurs qu'à St Etienne je pense. La faiblesse à mon avis c'est que cela peut finir justement par devenir étouffant, un peu sectaire. je me suis surpris à assister à des concerts non pas par envie mais parce qu'il "fallait" y aller. Je réalise que nous vivons un peu en autarcie, ne connaissant aucun groupe des autres scènes (electro, métal, reggae ...) pourtant il n'y a pas que des cons chez les autres, si ? Et que personne ne nous connait en dehors non plus du coup. Personne n'est responsable mais ces milieux de passionnés même si j'en fait partie me filent parfois les chocottes, tu as parfois l'impression d'être jugé, analysé si tu n'as pas 2000 skeuds dans ta médiathèque, que tu ne connais pas le label du dernier groupe indé à la mode ... Parfois flippant aussi de passer des heures à parler avec les mêmes personnes de concert concert concert ou sono sono sono (c'est pire) et réaliser que tu ne sais rien de la personne à qui tu parles, comme si toute sa vie tournait autour de la musique ... bref je ne suis pas certain que le renouvellement soit facile parce que vue de l'extérieur, je ne suis pas sûr que nous soyons très "attrayants" en tant que micro scène d'ultra passionnés mais bon, c'est juste mon avis.

-Tes 5 skeuds stéphanois préférés ?
Six Pack : reading History
Protex Blue : (complète disco)
world Pets : (Complète disco)
Le Parti : Excitement as Such
Jerri : Éponyme

-Tes activités actuelles ?
Euh, professionnelles, musicales, passions ???
Prof d'anglais en RAR (Marc Seguin). Groupes : Seconda Volta / Raymonde Howard. Activités autres : Aéronautique (pilote en club) / fait de son mieux pour faire vivre son local de répète / Enregistre quand j'en ai le temps ... Se consacre à ses amis !!

-Un truc que t’aurais à rajouter ?
Merci !

QUESTIONS/REPONSES: Frank "Violence"

Et zouuuuuuuuu, un "QUESTIONS/REPONSES" avec Frank dit "Frank Violence" (ça risque de lui coller longtemps, ça !) ou "Frank Bonanza"... en fait, on devrait l'appeler "Frank Slow Death" maintenant, mais on a pris des mauvaises habitudes !

-Comment t’es-tu retrouvé à être actif dans la scène stéphanoise ?
Sans doute l'envie de participer à "quelque chose" qui me plaisait (le punk rock) et que j'aurais moi-même choisi (contrairement à mon cursus scolaire), et surtout qui semblait être à ma portée. Très tôt, j'ai découvert des fanzines (d'abord sur le metal, style que j'ai écouté dès 13/14 ans, puis ensuite sur le punk / rock alternatif…), ça a été déterminant pour moi car à travers eux je suis entré dans un univers inconnu mais foisonnant et incroyablement excitant. M'apercevoir que des gens, à priori identiques à moi, bricolaient ces journaux amateurs m'a donné envie de faire la même chose. Peut-être que j'avais ça en moi dès le départ, et que la découverte de ces premiers zines n'a fait que déclencher ma motivation, puis mon passage à l'acte. A travers les zines, j'ai découvert tout un univers que je ne connaissais pas (la musique au sens large, l'engagement social et politique, le graphisme, la contre culture ou une culture parallèle, etc…). Et à force de lire sur ce qui se passait dans d'autres villes ou dans d'autres pays, je me suis intéressé à ma propre ville… Le fameux adage "Support Your local Scene" ! J'ai découvert que des groupes existaient à Saint-Etienne, qu'il y avait des zines, que des labels éditaient des disques (comme tu l'as dit dans un de tes post… le fait que Kronstadt Tapes sorte les disques de OTH et la compile "Les Héros Du Peuple Sont Immortels" a été déterminant pour moi). Ça voulait dire que des choses étaient possibles à St Etienne. Je me suis dit "pourquoi pas moi ?" Mais il a fallu du temps et des rencontres avant de passer aux premiers "méfaits"…


-Premiers méfaits, premières activités ? Et qu’est-ce qui te motivait alors ?
1988. Avec la tentative de monter un audio-zine avec deux potes. Intitulé "Musique Atteinte" (tu devines l'influence ?), ce devait être une K7 contenant une interview sur une face, un concert live sur l'autre. Une bonne idée somme toute. On a bossé sur un premier numéro avec Happy Drivers… qui n'est jamais sorti malgré que nous avions tout (interview, live et même l'accord du groupe il me semble).
Ensuite, durant un temps, avec ces mêmes potes, on s'est acoquiné avec le chanteur de Babylon Fighters avec qui on a plus ou moins monté un collectif intitulé "Exsudat du Terrorisme Auditif". En 1989, après un essai de showcase avec Saï Saï au Mistral Gagnant, on a organisé un concert au Centre Gliss (juste à côté de l'actuel Entrepôts) avec Les Rats, Nuclear Device et Los Mescaleros. Ça s'est terminé avec des dettes, un relatif bordel et un arrêt de tous nos grands projets. Dans ces deux "méfaits" (l'audio zine et l'orga de concerts), j'étais en arrière, je me contentais de suivre, je me reposais sur mes potes que je jugeais plus dégourdis que moi et surtout sur Bird, le chanteur de BF, que je pensais plus sérieux du fait de sa position d'acteur / activiste dans la scène rock française… Mais vu qu'à plusieurs on n'arrivait à rien, nos chemins se sont séparés et j'ai monté mon propre fanzine l'année d'après (1989 donc), papier cette fois… en me disant que, pour le reste (concerts, radio, etc…), je verrais plus tard. Violence #1 est sorti en janvier 1990.
Ma motivation, c'était juste de participer à ce mouvement punk rock ou alternatif que je venais de découvrir 2/3 ans auparavant et qui me semblait non seulement intéressant mais épanouissant (même si c'était certainement inconscient à ce moment-là). Je "venais" du heavy metal, un style où tu ne fais que glorifier et fantasmer les faits et gestes des autres. Avec le punk, je trouvais un milieu qui n'était peut-être pas exempt de défauts mais qui permettait d'être acteur facilement, avec peu de moyens et rapidement… même à une petite échelle (locale par exemple). Je sais pas si on peut parler de motivation. Plutôt d'envie d'échapper à l'ennui ou à la routine par des actes créatifs et personnels… même insignifiants.


-Tu peux faire un petit historique de ton activisme au cours des années, dans cette scène ?
Donc, à partir de 1990, j'ai édité le fanzine Violence, et ce jusqu'à début 1995. J'ai sorti 13 numéros il me semble (le dernier avec un tirage en offset et à 1000 exemplaires -c'était le n°12, je crois bien, héhé -ndm-). C'est durant la première année de Violence que j'ai rencontré d'autres personnes sur St Etienne qui œuvraient dans leur coin : toi, Maz, via tes fanzines Tokbomb et Cie, Denis de l'émission hardcore Préjudice, les gars de Sixpack, etc… Avant, je connaissais peu de gens du milieu rock local. Je me souviens que c'était très dur de "rentrer" dans la scène rock stéphanoise d'alors qui était constituée de gens plus âgés. Il y avait une sorte de barrière, réelle ou fantasmée. Donc, à partir du moment où j'ai rencontré des gens de la même génération que moi, tout à été plus vite et plus simple. Avec toi, j'ai animé une émission radio sur Dio ("All Set To Go") pendant je ne sais plus combien de temps, ensuite j'ai rejoint Denis Préjudice pour une autre émission du nom de Bonanza. Toujours avec Denis, sous ce nom de Bonanza, j'ai commencé à organiser des concerts sur Saint-Etienne pour diversifier l'offre que proposait à l'époque Mad's Collectif (la seule — ou des seules associations — qui invitaient des groupes plus ou moins punk dans les années 90) en faisant venir des groupes comme The Revs, The Strookas, Elmerhassel, Midway Still, Goober Patrol, Greedy Guts, Shaggy Hounds, Drive Blind, etc… mais surtout en proposant à de jeunes groupes stéphanois de l'époque (Sixpack, World Pets, Switch Stance, Bad Taste…) de faire les premières parties, chose que Mad's Co ne faisait pas. Ceci afin de "développer" la scène locale… idée qui nous venait, toujours et encore, de ce fameux slogan "Support Your Local Scene" qu'on lisait souvent dans Maximumrocknroll ou d'autres zines.
Ensuite, j'ai arrêté les concerts et l'émission de radio. Violence s'est arrêté à cette même période. J'avais envie de lancer un label. Donc en 1995, j'ai sorti sous le nom de Bonanza Recordings, mon premier EP, le split Sixpack / World Pets. Qui sera suivi d'un split Sixpack / Elmerhassel (1995), d'un split EP Horse / Horfield Sport Center (1996), un split EP Switch Stance / Bad Taste (1996), le 7" de Department Of Bullshit (1998), puis le 4 titres de Post Silly Poulps (1998). En septembre 1998, j'ai sorti mon seul LP, une tribute à AC/DC avec la majeure partie des groupes stéphanois existants sur le moment (Horfield, Sixpack, Perfect Cousins, Bad Taste, Switch Stance, Cyriex, DOB, Post Silly Poulps, Naked Beast, Skelmst) et deux invités auvergnats. En 2000, j'ai édité un double CD regroupant tous les vinyles Bonanza sous le nom de "Big Bonanza 1995-2000" (il m'en reste quelques copies, si ça intéresse du monde !). J'ai stoppé le label car, ayant déménagé à Paris pour des raisons professionnelles, je ne me voyais pas continuer un label qui était censé aider une scène locale dont je ne faisais plus partie.
Ensuite, j'ai fait d'autres trucs, mais ça ne concerne plus la scène stéphanoise.


-Quels sont tes meilleurs souvenirs de la scène stéphanoises en tant que participant « actif » ? Et en tant que « public » ?
Je garde de vibrants souvenirs des concerts de Bérurier Noir (Bourse du Travail en 1988), Camera Silens (Centre Gliss, en 1989 il me semble-mmmh celui avec Babylon, c'était 87 je crois bien !-ndm), ceux des Thompson Rollets au Mistral Gagnant, celui des Thugs (Maison de Quartier de Solaure en compagnie de Parabellum), les premiers concerts de Burning Heads à l'Hymalayan Bar en 1992, le concert Fucking Jo + Sixpack + Bend Sinister dans ce même Hymalayan Bar l'année suivante…  Ensuite mes souvenirs de participant "actif" comme tu dis et ceux en tant que simple public se confondent : Greedy Guts au Bleu (avec un patron de bar qui coupait le jus pour que le groupe s'arrête, mais qui le remettait devant les protestations du public), Drive Blind au Rencard (un si grand groupe dans un si petit bar), les concerts de Elmerhassel parce que j'avais fini par tisser des liens proches avec ce groupe (au point d'aller au mariage du chanteur en Angleterre), etc… Le concert des Shériff à La Ricamarie était, si je me souviens bien, assez énorme aussi ! Un grand souvenir aussi est le concert gratuit que la Mano Negra a donné à la Plaine Achille où on a tous expérimenté le slam pour la première fois. Mais plus que les prestations des groupes eux-mêmes, mes bons souvenirs de concerts sont ceux de l'incroyable ambiance qui y régnait : ça remuait comme nulle part ailleurs, même dans les lieux les plus minuscules, et ce dans le respect des gens présents et du groupe sur scène. Ce qui a valu à la ville une certaine "notoriété"… si on peut utiliser un tel mot.
Sinon, je dois bien avouer que la réception des premiers EP Bonanza Recordings, même plein de défauts, restent un bon souvenir pour moi. C'était pas rien quand même de produire des vinyles quand tu es fan de musique.

-Les pires ?
Une "scène" (musicale) étant finalement qu'une réplique, alternative ou parallèle, de la société dans laquelle on vit, elle est forcément constitué des mêmes ingrédients. Malgré toute la bonne volonté des gens qui s'y investissent, cette scène n'est pas "meilleure" que la "vraie vie" ou aussi idéale qu'on aimerait qu'elle soit. Alors, il y a des bons et des mauvais moments, des joies et des déceptions, des hauts et des bas. Moi, quand le bas a été trop bas, je suis parti… Cela dit, j'ai pas précisément de souvenirs désagréables liés à tout cela.

-Quelles sont pour toi les forces et les faiblesses de la scène locale ?
Je suis complètement largué sur ce qui se passe à Sainté actuellement. Je sais qu'il y a pas mal de concerts (crust notamment, rock'n'roll souvent), je sais aussi qu'il y a un paquet de groupes (je croise souvent leurs noms sur des flyers ou des annonces de concerts sur les forums), il semble donc que l'effervescence "punk" continue plus forte que jamais. Mais je ne connais rien de l'ambiance, des "forces et des faiblesses" de la scène actuelle vu que je ne vais que rarement à Sainté. En plus, j'ai connu les débuts de la scène stéphanoise… à peine 6 ou 7 ans. C'est pas grand chose finalement.
Mais pour parler de celle des années 90, celle que j'ai connue donc, disons que le fait qu'on appartienne tous à la même génération, qu'on possède plus ou moins le même background musical, qu'on partage nos disques et nos découvertes, et que Saint-Etienne soit une petite ville où il y avait tout à faire et où les lieux de ralliement se comptaient sur les doigts d'une seule main a probablement permis de construire quelque chose de fort.

-Tes 5 skeuds stéphanois préférés ?
De tête, je citerais :
- Sixpack / Elmerhassel - split 7"
- Spit - EP
- Perfect Cousins - 10"
- Boxing Elena - "Yallah" LP
- Sixpack "Reading History" CD
Mention spéciale : Babylon Fighters "Radical System" (pour l'histoire) et Le Parti "Excitement As Such" (pour l'avenir)


-Tes activités actuelles ?
J'ai remonté un "label" au début des années 2000, Slow Death, avec lequel j'ai sorti une quinzaine de productions (seul ou en co-production), autant du hardcore (Aghast, Sed Non Satiata, Tekken) que de la power pop (Dead Pop Club, Atomic Garden), du punk rock (Greedy Guts, Justine/Jextex, Déjà Mort), de la noise (Scul Hazzards, Generic) et même du crust (Nuclear Death Terror). Mes trois dernières prod sont le LP de Fat Beavers, le split 12" Burning Heads / Adolescents, et une réédition CD des œuvres complètes du groupe de Périgueux Thompson Rollets. Sous peu, je devrais participer à la sortie du premier album des Helltons (jeune groupe bordelais typé pop punk 90's) et sortir un vinyle des Thugs (la radio session que le groupe a enregistré à Seattle en 2008).
Parallèlement, j'ai ressorti un zine qui s'appelle aussi Slow Death. Cinq numéros sont parus (dont le dernier est un split avec Shot Down, le zine de mon pote lillois Mickson — le gars qui dessinait dans Violence). Les détails : www.slow-death.org

-Un truc que t’aurais à rajouter ?
Don't fuck with Saint Etienne !

QUESTIONS/REPONSES: Nicolas "Junior"

-Comment t’es-tu retrouvé à être actif dans la scène stéphanoise ?
Bon ça c’est fait en plusieurs temps. J’ai découvert cette scène assez jeune  sans réellement savoir ce que c’était, Guigui  Tran (Vomit for breakfast/ Chaos ZZZ/ Fun for all the family…), avec qui j’étais à l’école primaire, m’a emmené voir ses frères qui jouaient en concert avec Fucking Jo lors de la Fête de la musique 1991, au Ranch à la Ric’. Ensuite pas mal de groupes se sont montés à Saint-Etienne et ma sœur et mon frère se sont retrouvés à jouer dans certains d’entre eux, Switch Stance pour François et Silly Poulps pour Sophie. Peu à peu mes cassettes et disques de Queen, Mötley Crüe ou Guns ‘n’Roses se sont vues remplacer par  NOFX, Minor Threat, Drive Blind ou Jawbreaker et des démos de groupes stéphanois que je suis allé voir jouer, souvent en première partie de groupes venus d’ailleurs, et tout ça m’a donné envie de monter mon propre groupe…

-Premiers méfaits, premières activités ? Et qu’est-ce qui te motivait alors ?
…c’était vers 96, avec des amis d’enfance,  on a renforcé la scène HardCore Roche la Molière en créant les Rennetts. Il y avait Seb à la guitare, Mael à la basse (il joue maintenant dans les Garagnas) et moi, j’étais à la batterie et au chant avant de passer à la guitare avec l’arrivée de Greg (qui nous a quitté pour se consacrer à la Dub Inc.).
Au même moment, ma sœur devait partir en Autriche pour ses études et je l’ai remplacé au sein des Silly Poulps à la guitare. J’ai donc fait mon premier concert (mis à part quelques apparitions artistiques ici et là dans un cadre plutôt éducatif…) au BarRock de Roche la Molière un dimanche après-midi avec Fun For All the Family, Uneven, Eis, Burn on Ice. Au retour de Sophie, on a enregistré un 45 tours sorti sur Bananza sous le nom de Post Silly Poulps, “ produit ” par Tapi de Clermont…
De ces premiers méfaits est ressortie l’envie de faire des concerts, composer des chansons et enregistrer des disques…et surtout attendre avant de faire des reprises (cf In the army now avec les Poulps au BarRock…)
Avant: jeune, cheveux rouges, adidas, dead ken'... Classe !

-Tu peux faire un petit historique de ton activisme au cours des années, dans cette scène ?
En ce qui concerne les groupes, ça donne à peu près ça entre guitare, chant, batterie, orgue et Gogo dancing.
-Rennetts, 2 démos dont Do You Know Who we Are et l’avènement du PopPunk progressif.
-Post Silly Poulps, s/t Ep, quelques titres sur des compil’ et l’album A better Plan.
-Goma Tres, un seul concert mais de longues et produitives ( ???) répètitions.
-Krash A333…
- Perfect Cousins pour les derniers concerts du groupe et un enregistrement que je n’ai jamais eu en ma possession…tu m’en passes une copie Mazak ? (-ben je l'ai pas, moi ! je vais le récupérer d'ici peu, je le mettrais ici en téléchargement- ndm)
- The Muckrackers s.e. , un album éponyme et de bons souvenirs de concerts…hein tu t’en rappelles pas ? Je t’expliquerai…
- Oursonik au poste de Gogo dancer (…et crachoir humain…) puis batteur le temps de 3 titres récemment.
Pour les groupes encore en activités.
-Boxing Elena, une demo Round 1, un album jamais sorti (peut-être que des titres seront téléchargeables ici, steup Maz !!!)(-fais moi péter un CD, feignasse !-ndm) et un 7 titres vinyl Yallah.
-Pocket Bastards où j’accompagne Lamiche, 2 cd-r sont déjà sortis.
-Le Club des gens Spéciaux, de retour ,après 6 ans d’absences, à la demande pas trop générale. On n’a jamais réussi à sortir un truc, et pourtant on a essayé…
Sinon il a eu pas mal de tentative de groupes durant les 15 dernières années comme “ Hamani et Ses Enfants ” et un que j’ai monté et dont je me suis fait virer comme un mal propre (…les personnes concernées se reconnaitront…hahaha…un conseil : regardez derrière vous quand vous sortez les mecs…VENGEANCE !!!).
J’ai aussi un peu participé à des Fanzines comme la Banane Magique, 2000 maniacs et indirectement à Little House.
 J’ai animé pendant pas mal d’année l’émission Let There Be Rock sur Radio Dio.
A différentes périodes j’ai organisé des concerts, d’abord entre groupes stéphanois, plus officiellement ensuite dans No Division et plus récemment au sein de DCA…mais en ce moment je suis en congé…

-Quels sont tes meilleurs souvenirs de la scène stéphanoises en tant que participant “ actif ” ? Et en tant que “ public ” ?
Mes meilleurs souvenirs ?eh ben y’en a vraiment beaucoup alors pour choisir ça va être chaud chaud…
Il y a tout d’abord les concerts où les affiches étaient composées uniquement de groupes stéphanois et où il y avait pas mal de monde qui s’y retrouvaient…de bonnes soirées.
Sincèrement je crois que je garde de bons souvenirs de tous les concerts que j’ai fais avec mes différents groupes.
Pour en citer quelques uns, celui à l’Entrepots (97/98) avec les Rennetts, Oursonik, Post Silly Poulps et les Protex Blue. Plein de gens, une bonne ambiance et le retour en taxi à Roche la Molière avec l’impression de voir arriver le succès !!!(…impression est le terme juste…héhéhé…).
Je pense aussi que le dernier concert des PSP au Sporting reste un bon souvenir, même si le groupe se séparait, ça annonçait l’ouverture d’un nouveau chapitre de l’histoire de ma vie… et merde l’EmoJunior revient…vite retour de glutteJunior…
Le dernier concert avec les Perfect Cousins au Café de la Gare à la Fouillouse était un très bon moment aussi, j’étais, comment dire, assez heureux d’avoir joué dans un de mes groupes préférés.
Avec Boxing Elena, même si ce n’était pas très underground, le concert au Fil devant 1000 personnes m’a bien plus, voir des gens qui ne te connaissent absolument pas te regarder et apprécier, c’est assez gratifiant et bon pour l’égo !!! Ces concerts, en extérieur style Fête de la Musique ou dans des lieux plus “ officiels ” ont ça de bien, une ouverture, une audience différente…mais bon la plupart de ces gens ne reviennent pas forcément te voir après…et finalement ces organisations plus “ professionnelles ” n’apportent pas les rencontres que tu trouves ailleurs.
Il y a quelques mois, le concert en hommage à Hamani était un moment important aussi.
En temps que public, tout pareil, y’en a eu vraiment beaucoup… C’était cool de se retrouver après les cours au Mistral, à l’Entre-pots, au Sporting…
Fête de la musique,  année “ je ne m’en souvient plus ”, Les Perfect avec l’arrivée des flics à l’entrep’. Concert sauvage au Crêt de l’Oeillon. Les concerts de Aina, Les Savy Fav, The Queers, LeatherFace, The Thermals, Clorox Girls, ou encore NRA et Blue tip au Rancart…Snuff au CCO, bon c’était à Lyon mais devait bien être 150 de Saint-Etienne…
Il y a aussi tous les groupes stéphanois qui laissent de bonnes traces comme les Protex, Vomit, Oursonik…
En tant qu’organisateur, ça fait plaisir de faire jouer tes groupes favoris du moment…Retisonic, Ted Leo and the Pharmacists, The Lapse, Juno, Capitol City Dusters, Paramount Styles…De bonnes rencontres et de bon moments comme les 2 jours passés avec les Los Angelesiens de Die Princess Die, à faire le tour des troquets…ça aide à digérer l’élection du nain…

Dans les bons souvenirs restent l’amitié, les potes que je n’aurai jamais connu ailleurs…Des tas humains, des after, des before…
Y’a plus qu’à en créer de nouveau …

-Les pires ?
Quand ça manque de gluttes !
Les séparations de groupes, c’est pas toujours facile. J’ai peut-être des regrets par rapport à certaines choses de la vie des groupes dans lesquels j’ai joué…
Sinon les pires souvenirs sont ceux de la “ vraie ” vie, ce qui aurait pu se passer autrement, la disparition d’amis…

Après: vieux, cheveux longs, ami des bêtes, écoute de la zik de merde... Pas classe !

-Quelles sont pour toi les forces et les faiblesses de la scène locale ?
Ah, bonne question…dure réponse…Je crois qu’une des forces de cette scène est le fait qu’elle soit “ soudée ”(hXc rules man ya know what I mean bro ”), mais c’est pas toujours vrai non plus.
Les groupes de Saint-Etienne pour moi ont pratiquement toujours été de qualité, c’est encore le cas aujourd’hui. Il y a aussi une envie de s’exporter et de continuer à faire des choses (disques/concerts/fanzines…). L’acte “ militant ” existe et c’est une bonne chose.
Pour les faiblesses, peut-être un manque de nouvelles têtes…je me rappelle d’être allé voir Guerilla Poubelle il y a 1 an ou 2 et c’était blindé de jeunes qui visiblement appréciaient la musique et le discours du groupe, mais je ne les ai jamais vu à d’autre concerts…peut-être que nos moyens de communications ne sont pas bons…tu sais toi ?

-Tes 5 skeuds stéphanois préférés ?
-Le 10 ‘’ des Perfect Cousins.
-Le split Switch Stance/ Bad Taste.
-Le 45 mono face des World Pets.
-La compilation “ Mort ou Vif ”  pour l’aspect historique de la chose.
-Volume 4 de Tête de Cerf

-Tes activités actuelles ?
Ben je travaille dans une radio…comme quoi…
 J’espère bien continuer à participer à cette scène.
Pocket, le Club des gens spaciaux,un enregistrement avec Boxing devrait paraitre d’ici…ça prendra le temps que ça prendra…et je me motive pour un projet solo acoustique.

-Un truc que t’aurais à rajouter ?
Je regrette simplement aujourd’hui de devoir racheter les disques de Queen, Mötley Crüe ou Guns’n’Roses…Merci.

QUESTIONS/REPONSES: David "D.T.H."

-Comment t’es-tu retrouvé à être actif dans la scène stéphanoise ?
Des grands frères de copains, puis un prof d’histoire au lycée qui m’initie moi, mon frère Olivier et un cercle très restreint de 2-3 autres jeunes punks. Collés mardi, 2 jours après le prof mate nos badges (bérus, oth) et nous apporte 2 kilos de vinyls parmi lesquels les disques les plus importants de ma vie : le 2è SLF, le 1er Buzzcocks, le 1er Saints, « L.AM.F. » de J.Thunders+Heartbreakers,  « Damaged » de Black Flag  puis des choses étranges comme les Cramps, Scientists, Crime+The City Solution… on était assez alternatif français et voilà une ouverture incroyable sur le reste du monde punkoide…
A cette époque, le simple fait de (parler de) faire un groupe, de porter des docs et un bomber étaient déjà des actes subversifs, ça te mettait direct en marge par rapport aux autres crétins du lycée.
J’ai donc chopé une guitare et appris tant bien que mal (plutôt mal) à plaquer 2-3 accords. On avait déjà monté un groupe « exutoire »,  juste une boite à rythme et des micros avec 2 potes (je citerais pas les noms pour pas les compromettre…), puis mon frère nous a rejoint et c’est devenu un peu plus sérieux avec une vraie batterie, basse, guitares et amplis (pourris). On savait toujours pas jouer. Puis 2 mecs de La Ric qui faisait la même chose de leur côté sont venus mettre (un peu plus) le bordel.
La connexion avec la « scène stéphanoise » démarre avec la rencontre des mecs d’Internal Exil, puis celle des « punks du nord » (nous étions du sud, Honoré d’urfé rules !), Sixpack et Prejudice crew.
Parallèlement on allait à tous les concerts du Mad’sCo (ah, la Bourse du travail, le Centre-Gliss, puis le Mistral… grande époque !).
Jetés du centre social du Montcel, on rencontre l’asso Sauf Imprévu qui construisait son local de répét rue Neyron ; une scène locale renaissait, après une période creuse, sur les cendres d’anciens combos des 80’s et sous l’impulsion de pas mal de nouvelles têtes dont je faisais partie.

-Premiers méfaits, premières activités ? Et qu’est-ce qui te motivait alors ?
Des trucs pas constructifs comme des tags ou des pochoirs sur les murs dans et autour du bahut (ça m’occupait des soirées à les faire…) ; premières expériences scéniques en juin 92 avec F.J. et Kangaroos. Des putains de bons moments en fait !
La motivation, c’était comme Terry Chimes : me payer une Jaguar Type E avec les cachets des concerts ! Non, sérieux, il y avait un espace à occuper il me semble, quelque chose d’assez fort se passait avec une nouvelle génération post rock-alterno, mi-grunge mi-hard core qui débarquait sur SaintE et environs. Et voilà, j’étais là, le BAC en poche et sans perspective d’avenir claire. Je voulais simplement vivre ces moments cruciaux dans une vie, où d’un coup tout semble possible.

-Tu peux faire un petit historique de ton activisme au cours des années, dans cette scène ?
De fin 88 à mi 91 : fervent spectateur ! Apprenti guitariste, poussées d’acné et déceptions sentimentales.
Début 91-Mi 93 : bassiste dans Fucking Jo et dans KangaRoos, une poignée de concerts, pas de traces discographiques hormis des titres sur la compil « Mort ou vif » et des K7 de répét assez inaudibles.
De fin 93 à 97 environ : participation à Tranzophobia puis Meantime et les joies du fanzinat : rédaction d’articles, mise en page/maquettage, photocopies… et aussi un peu de radio-dio, 2-3 interviews et quelques orga de concerts mémorables ; pas mal de soirée affichage du coup, vive la colle…
De 93 à 2000 : passage dans divers groupes de gangsters (Natives, Purple Pill Eaters, Perfect Cousins, Protex Blue, Gascookers), bassiste intérimaire dans Fouilla Tribe puis beaucoup plus tard de Boxing Elena.

-Quels sont tes meilleurs souvenirs de la scène stéphanoise en tant que participant « actif » ? Et en tant que « public » ?
Les débuts chaotiques de Tranzophobia avec une réunion improbable de pas mal de futurs activistes de la scène. Bien marrant, même si certaines soirées tournaient à la grosse prise de chou conceptuelle.
Des répét dans la cave des Rubet au milieu de mobs 103 en pièces détachées ; parfois des passants débarquaient comme ça, juste pour voir qui était responsable de ce bruit… we come from garageland, on leur disait…
Avoir joué avec Slim dans un groupe (F.J.), très bon délire aussi. La gueule du patron de « L’Himalayan », le soir où on a joué avec SixPack et Bend Sinister et où 250 pélos se sont pointer dans son petit bar.
De bons moments avec les P.C. (un mémorable et viril après-gig à Ugine par exemple).
La tension d’avant concert, la décompression qui suit.
En tant que spectateur, une chouette période (92 à 96) aussi bien sur scène que dans le public, beaucoup de spontanéité et de franche rigolade.
Voir le guitariste de SixPack blanc comme un linge avant de monter sur scène, ça faisait partie aussi des rituels cools ; ce qui ne les empêchait pas de sortir des sets furieux ; je me souviens de leur version de « He’s waiting » des Sonics, enchainé à « Bound to fail » à l’Entre-Pots : mortel.

-Les pires ?
Bah… je me souviens que des meilleurs. Mais s’il faut les évoquer : les copains qui partent trop tôt, des bastons à la con où des potes se font amocher. Le braquage des locaux de Sauf Imprévu. La fin des P.C. et de Protex Blue (à titre perso). Avoir joué avec un batteur sous tranquillisant…



-Quelles sont pour toi les forces et les faiblesses de la scène locale ?
L’unité, mec : à un moment donné, pas mal de gens avec des références et des horizons divers ont mis en commun leurs passions pour faire vivre quelque chose par ici. Après, est-ce que ça s’inscrit dans la durée ? A part LFP (et Meantime hehe), je vois pas. Et puis est-ce le but du jeu, d’ailleurs ? Eternelle complainte du manque de lieux de concerts, les mêmes têtes qui sont là essentiellement pour vider des glutes, une scène créative évoluant en microcosme sectaire, replié sur lui-même… bon ce sont des travers qu’on doit retrouver un peu partout, non ? Le truc, c’est qu’une fois arrivé à ce stade (il ne reste plus que lui pour certains), difficile de renouveler les troupes. Une question d’âge aussi. Passé 30 ans on se dit tous plus ou moins que le punk est mort. Le hic c’est qu’on a presque tous dépassé la trentaine ; d’autres priorités prennent le pas, la vie de famille ou d’autres conneries… Je vois pas des gamins débarquer dans les concerts, ça fait pas envie et puis on est pas leurs amis dans FaceBook… ah, en fait il y a d’autres scènes parallèles mais on le sait même pas !

-Tes 5 skeuds stéphanois préférés ?
- The Perfect Pack Split E.P.
- Le 2è album de SixPack « Reading History », bon je l’écoute pas trop, ça me déprime mais woaoh…
- Boxing Elena « Yallah ! »
- Spit « 1ère démo », aurait mérité 100 fois un meilleur enregistrement (c’est en cours, les gars ?)
- Protex Blue « ANP E.P »
J’en ajoute un sixième just for fun : Switch Stance/Bad Taste Split E.P.

-Tes activités actuelles ?
Rien en rapport avec le rock’n’roll. Vélo, boulot, dodo. Parfois j’ai en tête cet air des Rats, « je m’emmerde »…

-Un truc que t’aurais à rajouter ?
Je me ferais bien un bowling avec Jesus (hum… j’ai trop regardé « The Big Lebowski » ces temps-ci).